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"Ces sons de la saison" , un hommage aux durs labeurs des paysans burkinabè
Dans les sociétés agraires comme celles du Burkina Faso, l’alternance de deux principales saisons rythme le cours de la vie : la saison hivernale et la saison sèche. La saison pluvieuse est consacrée aux activités de productions agricoles et la saison sèche aux activités artisanales. De ces deux saisons, celle qui est attendue avec beaucoup de ferveur, d’espoir, mais avec également beaucoup d’angoisse et d’anxiété est la saison pluvieuse. Sera t-elle bonne, s’installera t-elle à temps, arrivera t-elle à terme ? Voici les questions qui angoissent le monde paysan.
Au commencement, la musique était prière

Pour s’assurer une bonne saison pluvieuse, toutes les pistes sont explorées : de la consultation des devins aux sacrifices propitiatoires pratiqués lors de certains rites agraires.
Ces rites agraires font appel aux instruments de musique et à la musique pour leur exécution. Les rites sont diversifiés et sont spécifiques à chaque communauté. De façon globale, ils consistent à implorer la clémence et la sollicitude du Dieu suprême, par l’entremise des dieux secondaires et des ancêtres, afin que la pluviométrie soit abondante et que les producteurs puissent vaquer à leur occupation dans la paix et la bonne santé. Des libations (de bière traditionnelle) et des immolations de coqs et/ou de ruminants sont faites sur l’autel.
En pays moaaga, dans le Royaume de Ouagadougou, ce rite agraire est connu sous l’appellation de Têsé (Tensé). Il est pratiqué depuis l’époque de Naaba Wubri. Il est destiné à assurer une bonne pluviométrie et par conséquent de bonnes récoltes. Il a lieu avant le démarrage de la saison hivernale.

Dans les sociétés agraires, la musique est présente au début des opérations.....

"Tianhoun": cordophone provenant de Oury en pays Bwaba. Cet instrument est fait de tiges de roseaux, de bambou, le tout lié par des nervures de neré. Instrument à fonction ludique, il est joué par les jeunes en allant ou en revenant des champs

"Chakaloa": c'est la flûte du vainqueur en pays gourounsi (province du Sanguié). De la catégorie des aérophones, cet instrument est joué uniquement au champ pour encourager le meilleur laboureur

 

Au cours de l’hivernage, des labours collectifs sont organisés. Cette opération appelée « CISSOAGA » chez les Moosé, rassemblent dans un même champ plusieurs laboureurs. Les vaillants paysans sont accompagnés dans leur labeur par des sons produits par différents instruments.

Pendant les travaux collectifs, des griots et autres chanteurs viennent chanter les louanges des travailleurs. Dans ces chants, les vertus du travail sont magnifiées.


Paroles, rythmes, modulations vocales montent au ciel pour encourager les cultivateurs dans leur travail ;galvaniser les cultivateurs ; stimuler l’ardeur au travail ;célébrer le culte de l’effort et l’amour du travail bien fait…
La paresse, l’indolence et la fainéantise sont décriées !
"Hélé": xylophone d'apprentissage chez les Lobi de Nako (sud ouest du Burkina Faso). Les lames au nombre de 14 sont placées sur un trou creusé à même le sol et amortie par la paille. Le son s'échappe d'une ouverture faite sur un côté.
Ce xylophone vient de Diébougou, en pays lobi (sud ouest du Burkina Faso). Instrument sacré qui servait d'autel. Il compte 18 lames de bois et était joué par deux personnes installées face à face.Il accompagne d'autres instruments lors des rites funéraires. Il est aujourd'hui désacralisé.

Kiougou, Rayouga, Basga, différentes appellations des fêtes agraires qui marquent le démarrage d’une nouvelle période: celle des réjouissances.

Au rythme des instruments de musique, on remercie les mânes des ancêtres pour leur sollicitude avant de consommer les nouveaux produits.

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